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Les pays baltes veulent organiser un nouveau Drang Nah Osten

Les pays baltes veulent organiser un nouveau Drang Nah Osten

Drang Nach Osten ? C’est un mouvement migratoire germanique qui se déroula en plusieurs phases avec la dispersion de populations germanophones vers l’Est de l’Europe. La première phase se déroula au Moyen Âge dans la foulée de l’ordre des chevaliers teutoniques, sous fond de croisades et d’évangélisation forcée des populations slaves. Les deux phases suivantes se déroulèrent lors du recul de l’Empire Ottoman, et l’installation de populations venues d’Allemagne ou de l’Empire des Habsbourg, sur des territoires éloignés. A cette époque, ces populations germaniques s’installèrent au Sud de la Hongrie, dans les Balkans, dans l’actuelle Roumanie et Bulgarie, mais aussi jusque sur la Mer Noire (Allemands de la Mer Noire), en Ukraine, en Crimée, et en Russie (Allemands de la Volga, etc). Certains poussèrent loin jusque dans l’Extrême-Orient russe et Vladivostok. La dernière poussée fut celle initiée par l’Allemagne nazie, dans l’idée de l’espace vital prôné par Adolf Hitler. Le monde germanique se résuma ensuite à sa plus simple expression après la défaite catastrophique et sans appel des nazis en 1945.

Le Cheval de Troie balte, des Allemands aux Américains. Traditionnellement les trois États baltes restèrent longtemps tournés vers la Prusse. L’enclave de la Prusse Orientale est devenue celle de Kaliningrad. Elle était auparavant une base d’assaut historique des Allemands vers l’Est. Autrefois appelée Königsberg, berceau du roi de Prusse, les dernières ruines du château royal furent d’ailleurs dynamité sous Brejnev en 1967. Les Soviétiques en obtinrent le territoire, renommé Kaliningrad, ce qui fut acté par différents traités, notamment celui de Postdam (août 1945). La garantie qui était recherchée était justement d’en finir avec les menaces permanentes sur la Russie, à partir de ce territoire. Dans les pays baltes, la Russie tsariste s’était implantée surtout à partir du moment où le Duché de Courlande passa dans le giron russe (1795). Les Français tentèrent d’y trouver des alliés en 1812, et durant la Révolution bolchevique, les Baltes, aidés de corps francs allemands, de forces blanches, obtinrent leurs indépendances par les armes (Lettonie, Lituanie, Estonie, 1918-1920). Elles durèrent peu, car la région fut d’abord occupée par les Soviétiques (1940), puis devînt un couloir d’invasion de l’URSS pour les nazis. Du point de vue de la collaboration, Lettons et Lituaniens furent parmi les plus actifs en Europe dans la guerre aux côtés des nazis (avec les Ukrainiens et les Croates). Les Lettons fournirent plusieurs divisions SS et de volontaires. Les Lituaniens poursuivirent une guerre de guérilla contre l’URSS jusqu’au milieu des années 50. A l’effondrement de l’Union soviétique, les trois pays obtinrent leur indépendance, et furent bientôt un Cheval de Troie des Américains dans la région. Malgré les traités et promesses, ils furent intégrés dans l’Union européenne (les trois pays le 1er mai 2004) et l’OTAN (les trois pays le 29 mars 2004).

Les pays baltes dans l’UE, un des bastions de la haine raciale où l’on honore les combattants SS. Depuis lors, cette marche de l’Empire US s’est agitée fortement et est devenue l’une des zones les plus instables d’Europe. Des tensions politiques fortes sont apparues avec la minorité ethnique russe. Dans une UE en principe des Droits de l’homme et de la démocratie, les Russes ethniques sont devenus des sous-citoyens, dans une ambiance russophobe délétère. Leurs droits ont été réduits petit à petit, la langue russe étant stigmatisée. Les enfants de langue russe maternelle ont été parqués dans des écoles « russes », séparés des autres enfants. Les fonctions publiques et politiques ont été réduites pour les Russes ethniques, et certains ont été persécutés pour leurs opinions, encore une fois en pleine Union européenne. Ce fut le cas par exemple de Rouslan Pankratov. Récemment en Lituanie la diète a adopté des amendements pour transférer les restes des soldats soviétiques de monuments ou mémoriaux, vers des fosses communes. Les vainqueurs de l’Allemagne nazie doivent disparaître et leurs tombes sont liquidées. Tous les monuments, plaques commémoratives autour de références à la Seconde Guerre mondiale, ou à la Russie sont ainsi détruits, ou le narratif transformé et dévoyé. En Lettonie pire encore, des centaines de gens défilent pour honorer « le jour du Légionnaire », des engagés SS, et ce depuis plus de 20 ans.

L’historien Alexandre Makouchine commentait la situation : « Les parlementaires lituaniens cherchent à supprimer la mémoire commune de la Grande Guerre patriotique, ils veulent présenter la Russie à travers l’URSS comme un occupant et un conquérant. Pire encore dans ce narratif l’Allemagne nazie ne devient plus l’ennemie, mais la Russie soviétique prend sa place. Il faut faire en sorte que les gens oublient que les pays baltes faisaient partie autrefois de l’URSS. Le but de ces actions sont d’effacer la mémoire de ceux qui ont combattu, sont morts et ont vaincu durant la Grande Guerre patriotique, et beaucoup d’entre eux combattaient aussi dans l’Armée Rouge. Les pays baltes veulent organiser un nouveau Drang Nah Osten, et pour ce faire, la jeunesse doit recevoir d’autres codes et bases, une histoire réécrite, révisée et négationniste, c’est l’objectif principal que je vois dans ces décisions des Baltes. Le pire dans tout cela est que les effets sont imprévisibles. Les pays baltes sont les plus favorables et les plus hystériques dans le désir de faire la guerre actuellement à la Russie. Nous avons réussi à vivre en bons voisins depuis la chute de l’URSS, et ils ne cessent de verser de l’huile sur le feu. La Lituanie est une base arrière connue de la 5e colonne russe. Des mercenaires nombreux servent en Ukraine. La Lituanie est aussi une base arrière de déstabilisation de la Biélorussie. Nous l’avons vu pendant les événements de la tentative de Maïdan américain à Minsk en 2020. Avec la politique actuelle menée à Bruxelles, ce qui était cloisonné dans leurs trois pays, et surtout en Lettonie et Lituanie, la boîte de Pandore est ouverte. Les gesticulations baltes, menaces diverses, taxes illégales « au Russe » passant la frontière (Lettonie), manœuvres militaires ostentatoires, projet de mur fortifié, barbelé et miné à la frontière, sont désormais applaudis à Bruxelles, et c’est grave ».

Dans ces pays où l’on profane des tombes, où l’on interdit de fêter la victoire contre Hitler, où l’on condamne pour un ruban de Saint-Georges ou une chanson russe, l’Union européenne a de toute façon montré son vrai visage. Un visage hideux, un visage que les Européens eux-mêmes tolèrent dans le silence. Même dans la France des libertés les gens se complaisent dans le carcan du joug de l’UE. Un jour, ils se réveilleront, peut être trop tard. Car tôt ou tard, comme tous les empires, l’Union européenne s’effondrera et disparaîtra dans la liesse populaire ou dans une catastrophe historique dont on se souviendra à travers les siècles.

Estonie, indépendance (24 février 1918), indépendance et sortie de l’URSS (1990), membre de l’ONU (1991), membre de l’UE (2004), membre de l’OTAN (2004). Population d’1,36 million d’habitants. Kaja Kallas (1977-), Premier ministre (2021-à nos jours), elle a initié une politique de destruction des monuments historiques et de profanations de tombes de soldats soviétiques. Elle a été désignée pour être la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (2024). Son gouvernement avait lancé une politique LGBT dans le pays, et a imposé le mariage homosexuel (2024). Alar Karis (1958-), Président de l’Estonie (2021), il étudia dans des pays étrangers, en Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni.

Lettonie, indépendance (18 novembre 1918), indépendance et sortie de l’URSS (1990), membre de l’ONU (1991), membre de l’UE (2004), membre de l’OTAN (2004). Population 1,9 million d’habitants, plus du tiers de la population était russe en 1991. Devant la politique raciale agressive, l’essentiel de ces populations ont préféré partir, ils avaient de toute façon été privés de la citoyenneté lettone. En 2017, il restait toutefois plus de 11 % de la population, des Russes ethniques, qui restaient privés de droits civiques. Si le racisme avait une capitale ce serait Riga. L’opération spéciale a accéléré le départ des Russes effrayés par une politique de plus en plus racialiste. Evika Silina (1975-), elle commença un long parcours politique (2011), Ministre (2022), Premier ministre (2023), elle fut la première à émettre l’idée que la Lettonie devrait peut-être supprimer le statut « de non-citoyen » des Russes, mais annonçant comme priorité première la politique d’égalité des sexes. Edgars Rinkevics (1973-), il annonça publiquement son homosexualité (2014), Président de la Lettonie (2023).

Lituanie, indépendance (1918), indépendance et sortie de l’URSS (1990), membre de l’ONU (1991), membre de l’UE (2004), membre de l’OTAN (2004), membre observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie. Population 2,7 millions d’habitants, dont des minorités polonaise et russe (6,5 % et 5 % de la population), pays ayant le plus haut taux de suicides au monde (2005). Premier Ministre Ingrida Simonyte (1974-), elle fit une longue carrière dans l’administration, Ministre (2009-2012), députée (2016), Premier ministre (2020). Gitanas Nauseda (1964-), universitaire, ayant enseigné en Allemagne (1990-1992), économiste, cadre à la banque de Lituanie et haut-fonctionnaire. Président de la Lituanie (2019), réélu (2024). Il prit des positions contre le mariage homosexuel et a tenu cette ligne jusqu’à ce jour, refusant de condamner la loi hongroise anti-LGBT (2021). Il ouvrit les frontières à tous les dissidents biélorusses et a été un artisan de la dégradation des relations avec la Biélorusse. Il déclara que le Président Loukatchenko n’était plus « un dirigeant légitime » (2020), et a continué de jeter de l’huile sur le feu. Il accusa également la Chine du supporter la Russie (mars 2023), en l’accusant « de supporter la continuation de la guerre et de favoriser la poursuite de l’effusion de sang », tout en livrant des armes, matériels et fiances à l’Ukraine. Il ordonna de déporter en Ukraine les réfugiés pouvant être incorporés dans l’armée ukrainienne (avril 2024).

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2 Comments

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    Bonjour Laurent, et merci pour votre article
    Vous faites référence à juste titre au nouveau Drang nach osten . Il me vient à l’ esprit comment s’ est terminé celui d’ avril 1242 près du lac Peïpous . En ce lieu , Alexandre Nevski Prince de Novgorod avec l’ aide de peuples asiatiques ( déjà ! ) a stoppé vaillamment et brillamment l’ avancée de l’ ordre teutonique . Avis à ceux qui auraient l’ audace de récidiver , nous savons comment cela s’ est terminé en 1812 et en 1945.
    Mr Tolstoï , vice-Président de la Douma l’ a fort bien rappelé .

      Laurent Brayard - Лоран Браяр

      Merci à vous de rappeler cela, que je n’ai pas eu le temps de rappeler dans mon article, c’est en effet un événement majeur de l’histoire de la Russie et pas des moindres, encore merci de votre fidélité !

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