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S’engager en Ukraine, le Ministère des Armées français en panique

S’engager en Ukraine, le Ministère des Armées français en panique

C’est l’agitation en France suite à l’apparition d’un site « S’engager en Ukraine » aux apparences de site gouvernemental de l’armée française. Tambours battants, la presse française s’est mise en bataille pour « dénoncer un faux site de recrutement usurpant son identité » (28 mars, BFMTV). Dans un discours propagandiste le média français affirmait que l’information avait été lancée « par les Russes » et que des Français avaient repris dans les réseaux sociaux cette « fausse information ». De mauvaise foi, l’interlocuteur affirmait également que « cette fausse nouvelle avait été reprise par l’extrême-droite française, par les pro-russes ce qui est sensiblement la même chose », une affirmation mensongère… les activistes pro-russes, non, ne sont pas issus que de l’extrême-droite et très loin s’en faut. A International Reporters, que nous parlions de Christelle Néant, des autres collègues étrangers ou russes qui nous ont rejoint, Sonja Van Den Ende, Vanessa Beeley, Veronika Kazakova, Elena Slatstina, Victoria Smorodina, Faïna Savenkova, Eva Barlett, Andrea Lucidi, ou Adrien Bocquet ou encore de moi-même, il n’y a pas traces… de l’extrême-droite dans notre parcours.

2 000 soldats en partance pour l’Ukraine. C’est d’abord ce qui a fait bondir à la fois la diplomatie française et les autorités militaires, obligeant Sébastien Lecornu à monter au créneau pour infirmer l’envoi de ces troupes en Ukraine (19 mars). Il a noter que l’homme, politicien professionnel n’a jamais fait de carrière militaire, à part une obscure inscription dans la réserve de la gendarmerie, où il fut bombardé colonel de réserve pour des « services militaires » imaginaires. Pire encore, il fut également le chef de peloton d’Alexandre Benalla, tristement célèbre pour ses violences arbitraires dans une unité illégale de barbouzes, dont Lecornu n’était certainement pas le dernier. Après une carrière politique d’arriviste chez Les Républicains, puis dans la fine équipe de Macron, il a été nommé à plusieurs ministères, jusqu’à celui de Ministre des Armées (20 mai 2022). C’est ce personnage qui a en charge l’organisation et préparation d’une future guerre contre la Russie. On lui doit depuis des décisions fracassantes, dont l’effrayante Loi de programmation militaire, devant assurer des préparatifs qui laissent rêveur : doublement du budget militaire de la France (de 32 à 69 milliards d’euros), lancement d’un second porte-avion, augmentation des effectifs militaires jusqu’à 275 000 soldats et 105 000 réservistes. Enfin, cette loi a prévu de pousser la limite d’âge de la réserve à 70 ans… Cette loi a été passée en catimini durant la période des grandes vacances, une tactique hélas souvent utilisée par les gouvernements, pour passer des textes tendancieux et qui auraient pu faire l’objet de référendums populaires (1er août 2023). Mais comme vous vous en doutez bien, il n’y aura plus de référendums en France, l’oligarchie française se souvient bien de sa déroute historique de 2005 (traité de Lisbonne).

La France cherche à cacher les raisons d’un recrutement en urgence de 20 000 soldats. Sans se démonter, dans la même intervention sur BFMTV, l’intervenant fait l’annonce du recrutement supplémentaire de 20 000 hommes dans l’armée française… dans un délai d’un mois. Elle est d’autant plus surprenante que le chiffre est dix fois supérieur aux 2 000 cités par la Russie, et surtout le délai d’un mois fait dire que ce recrutement devra se faire dans l’urgence la plus absolue… De quelle urgence parle-t-on ? Là est la question qui reste toutefois sans réponse ! « On peut le faire ! 20 000 hommes c’est un corps d’armée, une division, c’est possible […] on passe dans une guerre de haute intensité ». L’intervenant ne précisera pas de quelle guerre de haute intensité il s’agit, ni contre qui et quand elle sera menée… mais tout le monde aura bien compris les intentions du gouvernement français va-t-en-guerre ! Lorsque nous parlons du gouvernement français, il faudrait plutôt dire Emmanuel Macron en personne : « Chaque corps d’armée, armée de terre marine, armée de l’espace vont planifier, puis le chef d’État-major des armées fera une synthèse, mais au final la décision appartient au politique, en l’occurrence le chef des Armées, Emmanuel Macron ». Ces déclarations sont à mettre en corrélation avec ce que nous disions dans un autre article de ce jour, qui justement mettait l’accent sur les étranges recrutements jusque dans les tréfonds des sites de recherches d’emploi… Quand bien même le site « s’engager en Ukraine » est un faux, plus personne ne peut ignorer les déclarations guerrières du Président Macron, les préparatifs de guerre, même si ce dernier noyait le poisson en affirmant « que la France était une force de Paix ». Et ces préparatifs sont bien en cours. L’annonce d’un lancement futur d’un second porte-avion de la Marine Nationale, avait déclenché en 2005-2007 une levée de bouclier, et une marée d’interventions médiatiques, dans un débat resté historique et passablement honteux. Finalement, le projet avait été reporté par le Président Sarkozy, puis abandonné et placé dans les cartons poussiéreux de l’Élysée. Avec la Loi Lecornu de programmation militaire, le porte-avion, qui était souhaité déjà en son temps par Jacques Chirac, fait donc, comme par miracle, lui aussi surface. Ces ambitions militaires tombent cependant parfois dans le tragi-comique, comme avec l’affaire de pénurie de poudre ! La France en effet avait quasiment démantelé sa production historique pour se fournir à l’étranger. Officiellement, mais il s’agit d’un semi mensonge, la France assurait que le nouveau projet pour produire 1 200 tonnes de poudre à l’année « était dans le but de fournir à l’Ukraine les obus qui lui manquent, et il faut de la poudre qui fait cruellement défaut en Europe ». Les autorités françaises auraient dû ajouter « et pour remplir les stocks vides de l’armée française », et devrait rajouter également désormais « et afin de fournir des munitions aux troupes qui sont actuellement levées ».

Les bruits de bottes dans une France plus que rétive. Malgré ce que l’on qualifie en France « de désinformation de Moscou », la France devra tout de même s’expliquer sur ce recrutement en urgence de 20 000 soldats, ce renforcement de son potentiel militaire, de ses productions de matériels militaires, et de l’augmentation de la puissance de sa marine. Personne ne peut ignorer les paroles de Macron de fin février, et ce soudain recrutement d’un effectif militaire devant être réalisé en un petit mois. Rappelons qu’officiellement la France possède une armée globale de 200 000 hommes (toutes armes comprises), et de 130 000 dans l’armée de Terre. Les 20 000 hommes en cours de recrutement (si le défi est réellement relevé, c’est autre chose !), représentent une augmentation soudaine de 15 % de l’effectif terrestre des forces militaires de la France. Le site HelloWork qui propose déjà ces « engagement de combattants » (oui vous avez bien lu, les annonces parlent de « combattants » et non de soldats), sont uniquement axées sur les forces terrestres (pour l’instant). Il est à craindre que d’autres recrutements de ce genre suivront et sont de toute façon prévus par La Loi Lecornu de programmation militaire. Pour atteindre les effectifs annoncés, la France devra ensuite recruter 50 000 hommes supplémentaires, plus un effectif inconnu pour renouveler les fins de contrats et départs à la retraite… Ces mesures ne doivent plus être ignorées par les Français, qui pas à pas sont entraînés par un régime de plus en plus cynique et irresponsable, vers une guerre globale. Elle est peut-être voulue par Macron, mais certainement pas par le peuple français. C’est lui qui se fera hacher au front, ce petit peuple qui déjà dans les tranchées de 14-18 avait été décimé. Ce peuple qui décidément est encore immobile. Jusqu’à quand ?

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IR
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1 Comment

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    Bonjour Laurent.
    Merci pour votre article , je suis tout à fait d’ accord avec vos propos .

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