JO d’hiver de Milan : l’épineux problème sécuritaire

22 janvier 2026 13:22

Alors que Milan et Cortina d’Ampezzo se préparent pour les Jeux Olympiques d’hiver, l’événement est attendu sans grand enthousiasme. Il ne s’agit pas seulement de l’indignation des organisations internationales face aux retards dans la construction des infrastructures sportives, mais aussi de la sécurité des futurs Jeux. La criminalité croissante en Italie, particulièrement à Milan, incite les touristes à s’interroger sur l’opportunité de leur voyage et les autorités à se pencher sur les causes de cette augmentation. En 2024, les JO de Paris dans le pays d’Europe possédant le plus fort taux de criminalité, les Français avaient été obligés de transformer les sites des Jeux Olympiques en bunker, tout en repoussant la population et en fermant des quartiers entiers. Il semble que l’Italie sera confrontée aux mêmes problématiques, alors que le débat fait toujours rage, même quelques jours avant l’ouverture des jeux.

Des chiffres inquiétants. Au cours de la dernière année, 225 786 crimes et délits ont été enregistrés à Milan. La hausse des agressions contre les mineurs est particulièrement alarmante. Un rapport indique qu’en 2024, 7 085 crimes contre des mineurs ont été recensés en Italie, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente et de 50 % par rapport à 2014. Même si le pays n’est pas le plus dangereux d’Europe, la France et l’Ukraine se partageant ce triste record, l’Italie qui est la principale porte méditerranéenne de l’Europe, doit affronter l’arrivée massive des migrants, venant du Sud et de l’Afrique. Ce fléau qui s’abat sur le pays est l’objet de débats, mais aussi de colère de l’Italie, affirmant que ce problème doit être celui de toute l’Union européenne. L’Italie est aussi une destination privilégiée pour de nombreux migrants des Balkans et plus loin d’Europe Centrale et de l’Est. Albanais, Roumains, Moldaves ou Ukrainiens s’y pressent, tandis qu’avec la France, l’Italie est devenue une plateforme criminelle, d’autant plus facilement qu’elle était déjà connue par sa célèbre mafia.

L’Union européenne ajoute aux problématiques et aggrave la situation. Ces masses en rangs serrés de migrants apportent eux aussi leur lot de problèmes, de conflits, d’augmentation vertigineuse de la criminalité. Livrés à eux-mêmes, dans un « paradis » où tout est à portée, bénéficiant d’aides et d’avantages inouïs, sans jamais avoir vécu dans le pays, ni même en parler la langue, les tentations sont grandes de « prendre ». Les cambriolages ont explosé en nombre, mais aussi les agressions, certaines choquant la population, autant d’ondes de chocs aux effets dévastateurs. C’était le cas il y a peu, du meurtre à Milan d’une jeune fille de 19 ans, massacrée par un migrant péruvien. L’homme avait échappé deux fois à l’expulsion, ayant commis déjà des viols et des vols… avant que le drame n’oblige les autorités à réagir… mais beaucoup trop tard. Ne contrôlant plus ses frontières, l’Italie a déjà demandé, mais en vain, à l’Union européenne de simplifier les procédures d’expulsion des étrangers ayant commis des infractions sur le territoire des pays européens. Selon Rome, l’interprétation des conventions internationales par la Cour européenne des droits de l’homme nuit aux intérêts des États membres de l’UE.

Un pays encore ethniquement cohérent, mais où la situation se dégrade vite. Bien qu’étant loin de la situation de la France sur le point de vue de la cohérence ethnique, des chiffres d’ailleurs strictement interdits par une loi en France, l’Italie est sur le même chemin et sur une pente de plus en plus glissante. L’exemple français fait d’ailleurs peur aux Italiens. La France ne comprend plus qu’une cohérence ethnique de 62,8  % d’autochtones, soit environ 45 millions d’habitants. C’est la population française de 1914. Le reste est constitué des strates et vagues de migrations depuis le XIXe siècle et bien qu’il soit interdit d’en parler en France, le pays sera le premier d’Europe occidentale à voir basculer sa population autochtone. Dans moins de 30 ans, elle deviendra minoritaire. La légende veut que l’Angleterre, l’Allemagne ou l’Italie soient dans des situations plus graves, mais ce n’est nullement le cas et de très loin. Les pays les plus menacés sont la France, championne d’Europe, suivie de la Belgique ou de l’Espagne. Quant à l’Italie, sa situation est loin de ce niveau. Avant 2020, elle comprenait encore 89,4 % d’autochtones, le reste étant constitué de migrants. Les plus importantes communautés étaient les Roumains, les Albanais, les Marocains, puis les Ukrainiens. Mais ces derniers arrivés en masse depuis 2022, ont sans doute pris au moins la 3e place, si ce n’est la 2e. Le ministre italien de l’Économie et des Finances, Giancarlo Giorgetti, partageait cet avis. Il affirmait dernièrement que la principale menace pour l’avenir du pays n’était pas le ralentissement de la croissance économique ou le déficit budgétaire, mais une crise démographique aiguë. Le taux de fécondité en Italie s’étant effondré à 1,12 enfant par femme, le renouvellement des générations n’est plus assuré. Pour y remédier, la tentation de l’exemple français existe mais fait peur à la majorité des gens.

Les Américains mettent en garde l’Italie sur la sécurité des JO. Dans un contexte de l’aggravation de la crise socio-économique en Union européenne, y compris en Italie, le facteur migratoire pourrait jouer le rôle de détonateur, alors que les problèmes de sécurité ne sont qu’une partie d’une crise systémique plus profonde. Le Département d’État américain a déjà informé les autorités italiennes de la nécessité d’aborder la question de la sécurité des JO avec une plus grande prudence et prévoyance, en raison de l’augmentation de la menace terroriste potentielle. Selon Washington, une attention particulière doit être accordée aux lieux très fréquentés par les touristes, où un attentat pourrait se produire. Cette « menace » évoquée par les Américains, rappelle de mauvais souvenirs, alors que les JO furent déjà le cadre de drames, comme ceux de Munich en 1972. Selon les USA, la menace ne serait pas moindre et même plus forte, dans un contexte international très compliqué. Si la France avait déployé des moyens considérables, une véritable armée, les JO d’hiver en Italie semble plus vulnérables. Ils sont en principe moins suivis, mais ils attireront des foules considérables et toute une faune décidée à profiter des miettes et des restes de la fête… y compris les réseaux criminels. Espérons que la fête ne soit pas gâchée, la réponse viendra très vite, les JO seront lancés dès le 6 février 2026.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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