Le Siècle, un club parasitaire qui participe à spolier le Peuple français

5 janvier 2026 19:10


Le Siècle est un « club » d’influence qui a prit une importance majeure en France, défrayant la chronique au point de susciter l’inquiétude, la colère populaire et des controverses. L’histoire des clubs en France ne date pas d’hier, dès la Révolution française, des clubs d’influence se formèrent un peu partout en France, dont l’un des plus puissants fut celui des Jacobins, de son vrai nom la Société des Amis de la Constitution. Dans les couloirs de la république et des régimes qui ont défilé en France, de nombreux clubs, associations ou organisations ont été à l’œuvre, dans les manipulations, les concussions et les manœuvres politiques plus ou moins basses. Dans les années 2010, le club fut pour la première fois mis en cause, créant des remous notables. Accusé d’être un instrument de l’État profond, rassemblant des puissants, le club n’a cependant jamais cessé ses activités, se caractérisant par des « dîners » où se sont pressés différents personnages, lobbyistes, hauts-fonctionnaires, politiciens, hommes d’affaires et d’importants oligarques. En 2021, un autre événement secoua l’opinion publique, avec la révélation que le président du club Le Siècle, Olivier Duhamel était un pédophile, coupable d’inceste et d’agressions sexuelles et viols contre mineur…

L’élite endogame du club Le Siècle. Le club fut fondé dès la libération de Paris, par un ancien résistant, Georges Bérard-Quélin (août 1944). L’homme devînt un patron de presse et fonda une maison d’édition, occupant d’importantes fonctions dans le Parti Radical. Au départ plutôt discret, le club recruta bientôt parmi les personnages les plus importants de la République, avec de plus en plus de membres dans les gouvernements français, atteignant son apogée à la fin des années 90. Pendant la Guerre Froide, les communistes furent interdits dans le club, mais le club n’accepta jamais aucune personnalité considérée comme dans les « extrêmes ». L’un des rendez-vous parmi les plus importants du club fut l’institution des « dîners », pas moins de 10 par an, dans les plus grands hôtels et restaurants luxueux de Paris. Le Siècle devînt vite un repaire d’anciens diplômés de grandes écoles, dont l’ENA, Sciences-Po, d’autres écoles prestigieuses, rassemblant des milieux fortunés, endogames et de pouvoir. Cependant les milieux d’affaires, des médias, dont de la télévision, du Show-Biz et d’importants chefs d’entreprises s’y affichèrent. En 2009, 114 des 120 inspecteurs des finances étaient des membres du club… avec de nombreux ministres et personnalités des finances.

La fine équipe du club Le Siècle. Parmi les membres notables, citons Thierry Breton, récemment interdit de séjour aux USA, ou encore le sulfureux DSK. D’autres personnages inquiétants en sont les membres, comme l’éminence grise de la République, Jacques Attali, quasiment tous les dirigeants de banques françaises (Société Générale, Crédit Lyonnais, BNP Paribas, Suez), sans parler d’Édouard Rothschild, également l’actionnaire majoritaire du journal Libération. L’immense majorité des puissants oligarques s’y pressent également, dont les patrons de L’Oréal, du groupe Casino, Elf, d’Alstom, de Vivendi et beaucoup d’autres. Les journalistes, patrons de presse y figurent en masse et non des moindres. Parmi eux citons Jean-Marie Colombani, Alain Duhamel, Laurent Joffrin, Serge Moali, David Pujadas ou Anne Sinclair. Le club est aussi hanté par le gratin de la politique, François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement, Rachida Dati, Laurent Fabius, François Fillon, François Hollande, Lionel Jospin, Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls et un certain Emmanuel Macron… Notez par ailleurs que les trois derniers présidents français sont dans cette liste, il n’y a pas de hasards. Dans l’actuel gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu et 12 autres ministres sont membres du club, ce qui pose beaucoup de questions.

Les coulisses sombres du pouvoir. Malgré les dénonciations contre le club Le Siècle, notamment de scandaleuses collusions entre les élites politiques, économiques et médiatiques, ainsi que l’aspect dangereux de ce club, à la fois pour la démocratie, la liberté d’expression, ou simplement l’intérêt des Français et de la France, le club n’a jamais été menacé. Il se présente sous une simple association loi 1901, qui clairement est la vraie gouvernance de la France. De telles pratiques sont évidemment déloyales, non seulement envers le Peuple français, mais par rapport à l’éthique politique, journalistique et au niveau des marchés de l’État. Le club permet notamment le contrôle de l’information, au-delà du système des « chiens de garde », décrit par le journaliste Serge Halimi. Il y a par exemple dans ses rangs, le Président de la CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, ou encore le directeur de Twitter France… Son système de fonctionnement est par ailleurs non démocratique. Les membres postulants sont cooptés et n’y entrent qu’après l’acceptation d’un vote. Vous me direz, qu’il est donc démocratique, mais en réalité ce vote permet de contrôler scrupuleusement l’entrée de nouveaux membres et d’exclure ceux jugés comme indésirables. Le club représente un véritable danger pour la République, par sa capacité à choisir les hommes et les femmes qui seront placés aux postes d’importances, et jusqu’aux présidents de la République. S’ils sont élus au suffrage universel, la puissance de la presse, ce qui a été démontré dans le cas de l’opération « Macron », permet des manipulations à grande échelle de l’opinion publique. Le club n’est donc plus un banal rassemblement de gens se rencontrant pour donner des coups de fourchettes, ou évoquer des faits divers. C’est réellement une institution parasitaire, qui s’est placé d’abord à côté, puis dans le gouvernement, puis aux commandes de nombreuses manettes.

Prendre en otage la République française. Dans le cas des exemples du passé, le Club des Jacobins fut finalement fermé sur ordre de la Convention Nationale (12 novembre 1794). Il avait pesé puissamment pour détruire un autre club, celui des Cordeliers, qui mourut de lui-même peu après (8 février 1795). Les deux clubs avaient eux-mêmes participé à l’élimination du Club des Feuillants (21 septembre 1792), rassemblant les modérés et des partisans de la monarchie. De cette expérience violente, d’autres sociétés d’influences naquirent par la suite, certaines secrètes, comme celle de la Charbonnerie, liée à la Franc-Maçonnerie et qui œuvra dans des pays latins, comme la France, l’Italie, le Portugal ou la France. Le futur Napoléon III, devenu « Prince-Président » (1848), ne fut pas le moindre des membres de la Charbonnerie. Avec la naissance de formations politiques, de partis, les sociétés perdirent de leur importance pendant un moment, mais les réseaux d’influences perdurèrent dans les grands corps de l’État, les clubs élitistes rassemblant des élites, les loges maçonniques, les fraternités étudiantes ou les syndicats. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux clubs se sont créés en France, essentiellement politiques, philosophiques ou de réflexions. Les vases communicants sont importants, passant des réseaux d’étudiants, à ceux des cercles de pouvoir, ou du gouvernement et des possédants. Aucun cependant n’a pris une importance aussi grande que Le Siècle.

Tous les curseurs politiques, médiatiques ou administratifs étant quasiment sous contrôle, le club Le Siècle est bien loin de connaître la fin de celui des Jacobins. Les temps ont changé, les méthodes de gouvernement également, ainsi que les technologies. Mais les hommes restent les mêmes… Il est pourtant intolérable que de telles organisations, à la limite de l’organisation criminelle, du moins ayant éhontément spolié et vidé de leur substance les institutions républicains existent encore dans un pays dit civilisé comme la France… Il paraît qu’il en va « de la Démocratie »… mais je ne vois pas où se trouve le Pouvoir du peuple, dans celui des puissants, des nantis et des corrompus.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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