Durant les siècles passés, pour qui s’intéresse un tant soit peu à l’Histoire de France, nos rivalités les plus récurrentes le furent avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Plus anciennement avec l’Espagne et l’Italie mais, si l’on élude les deux épisodes napoléoniens, rarement nous n’avons eu de conflit avec la Russie. Bien au contraire, et cela pour une raison éminemment stratégique : elle représente la seconde pince de l’étau militaire face à l’Allemagne avec la France.
Elle contient donc les poussées de fièvre germaniques aux côtés de la France dans une relation diplomatico-militaire entre États européens. Car l’Europe a bien sa propre géopolitique interne du fait de son histoire longue et récente. Le nier pour les Français va à l’encontre de la défense de nos intérêts nationaux propres. Or, la stratégie de défense nationale ne peut qu’objectiver les relations de subordination qui ont la prééminence dans les relations internationales.
Le poids démographique (donc militaire), la capacité productive en matière agricole et industrielle pour soutenir une résistance armée, la profondeur géographique d’un territoire ainsi que l’ancrage historique et symbolique à la source même de l’État-nation envoyant ses forces vives au combat : tout cela détermine la géopolitique européenne. La France n’est pas sensée accorder autant d’attention à un micro État balte que celle qu’elle détermine avec ses voisins frontaliers. L’Allemagne a sa propre géopolitique interne. A l’ouest, elle est plutôt bourgeoise et va-t-en-guerre dans ses choix électoraux. L’est du pays est cependant le vivier électoral de l’AFD beaucoup plus populaire et pacifiste (sinon réaliste) dans ses intentions. En cette fin d’automne 2025, les grandes puissances de l’ouest de l’Eurasie sont dirigées par des fous déterminés à saborder leurs intérêts nationaux de paix et de résilience économique, sans être renversés par leur propre population. Nous nous dirigeons joyeusement dans une guerre sans objet face à notre stratégie de défense nationale et si nous objectivons nos intérêts économiques concernant nos approvisionnements en matières premières pour notre industrie, se couper de la Russie est littéralement une aberration. Bien au contraire, l’État le plus étendu de la planète dans son territoire est évidemment une réserve nationale en matières premières minérales, énergétiques et biologiques avec lequel il faille compter. Cela en faveur de notre industrie de guerre car il faut se prémunir de l’impensable au moyen d’une armée de défense, mais plus encore s’agissant des besoins civils de la nation en temps de paix qui doivent être résolus par des accords de commerce qui nous soient favorables. Le territoire métropolitain de la France ne produit ni pétrole, ni gaz, ni bananes pas plus que des semi-conducteurs avec une technologie nationale. La Russie d’avant 2014 avait aussi des manquements dans le développement de son agriculture et de son industrie civile, notamment aéronautique. Nous leurs vendions alors beaucoup d’avions et de pièces aéronautiques associées, nous participions avec nos capitaux et savoir-faire au développement de Yamal et Nord Stream afin de satisfaire nos intérêts de long terme en matière d’approvisionnement énergétique, nous leur exportions aussi beaucoup de produits agricoles. C’est bien simple, les investissements et accords commerciaux entre la France et la Russie d’avant 2014 (soit le début des sanctions) étaient 10 fois supérieurs à ceux qui prévalaient avec l’Ukraine.
Comme il ne semble plus tout à fait clair aux yeux de nos dirigeants et journalistes ce que sont nos INTÉRÊTS NATIONAUX, rappelons que ceux-ci sont codifiés dans le Code pénal (art. 410-1 CP) de la façon suivante :
Les intérêts fondamentaux de la nation s’entendent au sens du présent titre de son indépendance, de l’intégrité de son territoire, de sa sécurité, de la forme républicaine de ses institutions, des moyens de sa défense et de sa diplomatie, de la sauvegarde de sa population en France et à l’étranger, de l’équilibre de son milieu naturel et de son environnement et des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique, notamment agricole, et de son patrimoine culturel.
S’agissant de notre indépendance nationale et de la forme républicaine de nos institutions, nous n’avons aucune leçon de morale à recevoir de la part des européistes (qui sont aussi les mêmes qui font oeuvre de propagande de guerre contre la Russie au nom de « valeurs » qu’il s’agirait bien de définir). L’intégrité de notre territoire et la sécurité de nos populations suppose par ailleurs de nous prémunir de la guerre plutôt que de l’encourager obstinément. Quant à notre potentiel économique et notamment agricole, il suppose que la France puisse, en toute indépendance, définir par elle-même le taux de change de sa monnaie et les accords commerciaux auxquels elle consent, ce qui supposerait de sortir de traités scélérats nous dépossédant de notre souveraineté pleine et entière à ce sujet.
C’est la raison même pour laquelle l’article premier du Code de la défense, dans ses deux premiers alinéas, est rédigé ainsi :
« La stratégie de sécurité nationale a pour objet d’identifier l’ensemble des menaces et des risques susceptibles d’affecter la vie de la Nation, notamment en ce qui concerne la protection de la population, l’intégrité du territoire et la permanence des institutions de la République, et de déterminer les réponses que les pouvoirs publics doivent y apporter.
L’ensemble des politiques publiques concourt à la sécurité nationale« .
L’ensemble des politiques publiques doit ici s’entendre par la qualité de notre diplomatie, le plein contrôle de nos outils économiques (la monnaie, les tarifications douanières, la réglementation, etc) ainsi que la puissance de notre potentiel militaire. La stratégie de défense nationale ne suppose pas de provoquer la guerre ou de tenter de la circonscrire en dernier ressort mais bien de la prévenir. A ce titre, si l’on conçoit que les intelligences avec des puissances étrangères visent à provoquer des troubles économiques majeurs pour la France où l’enfoncer dans une guerre qui ne la concerne pas, on peut sans sourciller qualifier les européistes de traîtres à la nation. Macron est un traître à la patrie. Bardella est un traître à la patrie. Hollande est un traître à la patrie et l’ensemble de notre classe politico-médiatique est traître à la patrie. Ces gens refusent de défendre notre indépendance nationale, notre souveraineté économique et monétaire et veulent absolument nous entraîner dans une guerre sur laquelle nous n’avons que des intérêts nationaux à démolir.
Je rappelle ici un article de loi sur les intelligences avec une puissance étrangère :
L’article 411-3 du Code pénal réprime en effet de 30 années de prison le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents des matériels, constructions, équipements, installations et appareils affectés à la défense nationale.
Lorsque Macron a déshabillé notre armée de canons Caesars (dont nous n’avons que d’infimes quantités) ainsi que d’avions de combats et munitions diverses au profit de l’Ukraine, cela en vertu d‘un accord entre l’Elysée et le régime ukrainien portant sur plusieurs milliards d’euros de dotation en matériel militaire qui n’a pas été approuvé et ratifié par le parlement au titre de l’article 53 de la Constitution, il a violé l’article 411-3 du Code pénal et devrait être destitué et jeté en prison dans un Etat de droit qui se respecte. Rappelons tout de même les termes de l’article 53 de la Constitution pour en juger :
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l’organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l’Etat, ceux qui modifient des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi.
Ils ne prennent effet qu’après avoir été ratifiés ou approuvés.
Ce que les généraux d’armée André Coustoux et Paul Pellizzari ont dénoncé objectivement avant de subir des sanctions disciplinaires d’un système politique aux abois. Ils avaient pourtant parfaitement raison et sont soutenus en cela par le sénateur de la Côte d’Or Alain Houpert qui rend un peu d’honneur à son mandat, ce faisant.
Ajoutons que l’ensemble des européistes se rendent coupables d’intelligences avec une puissance étrangère (ici l’UE et l’Allemagne en particulier) lorsqu’ils font la promotion de la démolition de notre souveraineté et de notre indépendance nationale pour bâtir une « union sans cesse plus étroite » (comprendre un État) au-travers de leur fanatisme européiste.
TOUS LES EUROPÉISTES SONT DES TRAÎTRES !
Ainsi, la petite musique médiatique visant à faire passer les dissidents français qui défendent nos intérêts nationaux pour des traîtres m’évoque furieusement le procès de Théramène en 404 avant JC par lequel j’ouvrais les premiers chapitres de mon « essai sur la légitimité et la planification de l’insurrection populaire en France« . Ce procès est en fait celui d’un lanceur d’alerte, d’un repenti qui dénonce l’abolition de la démocratie athénienne par une poignée d’oligarques (dont il faisait partie) au profit des Spartiates. C’est donc une histoire vieille comme le monde : des gens s’honorent à défendre leurs intérêts nationaux en refusant de jouer le jeu d’une puissance étrangère, mais ce sont bien les collabos au pouvoir qui accusent ces derniers de trahison.
Dernièrement, trois militants associatifs qui défendaient l’amitié franco-russe et organisaient des convois humanitaires à destination du Donbass, ont été arrêtés et jetés en prison. Anna Novikova (franco-russe), Vincent Perfetti et Viatcheslav P. Ce dernier est un Russe qui a collé des affiches favorables à l’amitié franco-russe à Paris. Ce qui relève de la Liberté d’expression et ne colporte nullement un message qui soit contraire à nos intérêts nationaux. Anna Novikova et Vincent Perfetti ne sont certainement pas des espions ou des traîtres à la solde de la Russie, n’importe quel service de renseignement comprendra que les véritables espions sont des gens discrets et certainement pas des activistes remuants qui n’ont nul besoin d’un soutien étatique pour défendre leur cause. Ces derniers peuvent être évidemment « utilisés » à leur insu ou « manipulés » par des services de renseignement mais ils ne peuvent être considérés comme des agents au service d’un État dès lors qu’ils militent à titre personnel pour une cause qui puisse être favorable ou non aux dirigeants politiques d’un pays donné. D’ailleurs, rappelons que la France de François Hollande et de Nicolas Sarkozy a financé le terrorisme en Syrie et en Libye sans que cela ne leur attire les foudres de la DGSI et de la Justice. De la même façon, rappelons que les nazillons ukrainiens de SVOBODA et PRAVY SEKTOR ont été manipulés par la CIA peu avant la crise du Maïdan en 2014. On peut supposer que la Russie n’était pas en reste avec les autonomistes du Donbass en guise de réponse du berger à la bergère, mais « les nationalistes ukrainiens » comme les « autonomistes du Donbass » n’avaient nullement besoin d’un soutien étranger pour croire en leur cause. En revanche, les fous qui souhaitaient défendre la doctrine de Zbignew Brzezinsky pour acculer la Russie à la guerre, avaient besoin de s’appuyer sur des fanatiques ukrainiens. De même que les barbus qui voulaient renverser les régimes arabes autrefois laïcs de Syrie et de Libye n’avaient pas besoin des Etats occidentaux pour croire en leur cause. En revanche, les avoir financé et armé visait à défendre des intérêts qui ne peuvent décemment pas être ceux des pays concernés et encore moins ceux de la France.
Il y a donc une véritable bouffonnerie et autant de compromission de la part de la DGSI et des instances judiciaires de la France qui, loin de défendre nos intérêts nationaux et jeter en prison les véritables criminels et traîtres à la France, se rendent directement coupables de collaboration avec ces derniers dans leurs entreprises sanglantes.
Dans l’attente, j’apporte tout mon soutien à Anna Novikova et Vincent Perfetti (que j’ai rencontré tous deux dans mes pérégrinations militantes) qui sont les otages politiques du bellicisme macronien et certainement pas des espions ou des traîtres à la solde de la Russie. Et je mets en garde nos fonctionnaires et magistrats : continuez d’agir contre nos intérêts nationaux en bons petits toutous des véritables traîtres qui sont au pouvoir et soyez certains que vos carrières et votre honneur seront un jour brisés face à un peuple qui a toutes raisons légitimes de faire la Révolution en France. Cette dernière n’emportera pas que les despotes totalitaires qui envoient la France dans le mur, elle vous emportera tout autant. Vous serez jugés pour haute trahison, collaboration avec l’ennemi intérieur comme extérieur, vous serez jetés en prison et vous n’aurez plus de droit d’exercer un quelconque travail dans la fonction publique. Il en va de même pour les généraux d’opérette qui s’aplatissent face à la Macronie et sont prêts à saigner les Français dans une guerre qui ne nous concerne pas mais vise à faciliter la désintégration de notre souveraineté militaire au profit de l’UE.
Les Français ne sont pas tous incultes sur ces questions et vous ne trompez personne dans vos agissements anti-nationaux. Pour le moins, en cette période de clair-obscur, nous savons que les traîtres ne sont pas ceux que l’on pointe du doigt mais bien leurs accusateurs.
A bons entendeurs.
Sylvain BARON





