operatori di telefonia russi

La Russie et la souveraineté numérique : des opérateurs russes à Lougansk et Donetsk, tandis que les multinationales dominent en Italie

29 août 2025 20:21

Quels opérateurs de téléphonie mobile sont actuellement actifs dans les nouveaux territoires de la Russie, à savoir Lougansk, Donetsk, la Crimée, Kherson et Zaporijjia ?

Les premiers opérateurs à apparaître à Donetsk et Lougansk furent Phoenix et Lugakom, créés à partir des réseaux des opérateurs ukrainiens Kyivstar et Vodafone Ukraina. Au départ, ils utilisaient encore l’indicatif ukrainien +380, mais à partir de janvier 2023, après les référendums de septembre 2022 et leur intégration dans la Fédération de Russie, ils sont passés à l’indicatif russe +7.

Phoenix opère dans la région de Donetsk, tandis que Lugakom est actif à Lougansk. Initialement, il n’y avait aucune interopérabilité : un abonné Lugakom ne pouvait pas se connecter à Phoenix et vice versa. Aujourd’hui, cette limitation a été levée pour les appels et les SMS, bien que l’accès à internet reste lié à la région d’origine de l’opérateur.

Pour surmonter ces difficultés, en 2023–2024 deux opérateurs russes à couverture nationale sont entrés sur le marché : Miranda et +7Telekom (Win Mobile). Ceux-ci permettent aux abonnés d’utiliser internet mobile et de téléphoner partout en Russie, y compris dans les nouveaux territoires. Les deux sont contrôlés par Rostelecom, le plus grand fournisseur intégré de services numériques du pays, qui détient également Tele2, le quatrième opérateur mobile russe avec environ 46 millions d’abonnés.

Nous avons rendu visite aux opérateurs actifs dans la ville de Lougansk : Lugakom, Miranda et +7Telekom. Le reportage complet est disponible sur notre chaîne YouTube. Aujourd’hui, de nombreux bureaux de Miranda et +7 ouvrent non seulement à Lougansk, mais aussi dans d’autres villes de la LNR, ainsi qu’à Donetsk et dans les régions de Kherson et de Zaporijjia, marquant l’intégration progressive des nouveaux territoires dans les infrastructures numériques de la Fédération de Russie.

Au niveau national, le marché russe est dominé par quatre opérateurs. MTS, avec 80 millions d’abonnés, est le plus grand et se présente comme une société par actions avec un capital majoritairement privé russe. MegaFon, avec 72 millions d’abonnés, appartient au groupe USM de l’homme d’affaires Alisher Usmanov. Beeline, avec environ 52 millions d’abonnés, faisait autrefois partie de la holding internationale VEON basée aux Pays-Bas, mais depuis 2023 elle est entièrement contrôlée par une direction russe. Tele2, avec 46 millions d’abonnés, appartient totalement à Rostelecom et se trouve donc sous contrôle de l’État.

Le cas de Beeline est emblématique : sa vente à la direction locale a été accélérée par les pressions des banques et des investisseurs occidentaux après le début de l’Opération militaire spéciale. VEON, qui possède encore d’autres opérateurs dont Kyivstar en Ukraine, a dû se retirer du marché russe afin de protéger ses activités internationales.

En résumé, dans les nouveaux territoires, on retrouve à la fois des opérateurs locaux comme Phoenix et Lugakom, et des opérateurs nationaux comme Miranda et +7Telekom. En Russie, le secteur est désormais entièrement entre des mains russes : un grand opérateur public et trois opérateurs privés à capital national. C’est un modèle que l’on peut qualifier de « souveraineté numérique », fondé sur le contrôle interne des infrastructures de communication.

En Italie, en revanche, le marché de la téléphonie mobile est presque entièrement entre les mains de groupes étrangers. TIM elle-même est influencée par le capital français, Vodafone est britannique, WindTre appartient au groupe chinois CK Hutchison et Iliad est française. L’État italien n’a qu’une présence marginale. Cela signifie que, tandis que la Russie cherche à protéger ses réseaux sous des drapeaux et des intérêts nationaux, l’Italie continue de dépendre de décisions prises à l’étranger pour un secteur stratégique comme les télécommunications.

IR

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