Campagne électorale présidentielle : la mascarade commencera bientôt

9 janvier 2026 16:22

Dès la fin des vacances scolaires d’été, la campagne électorale pour la présidentielle de 2027 commencera, peut-être même avant. Dans le cas de ce que j’appelle « l’opération Macron », sa première sortie fut plus tard remarquée comme ayant été en décembre 2015. Auparavant, bien qu’il eut été un obscur apparatchik du Parti Socialiste, il était pour ainsi dire inconnu du grand public. Après son élection à la présidence de 2017, François Asselineau et d’autres « résistants » mirent en exergue que plus de 17 000 articles ou interventions télévisées ou radios avaient inondé l’espace médiatique durant l’année 2016 et jusqu’à l’élection de 2017. Après deux mandats, officiellement Macron ne peut plus se représenter. Dans les mois qui viennent, le système et l’État profond proposeront la « nouvelle option », ou « chance pour la République ». Il faudra ouvrir l’œil et le bon, bien qu’il soit probable, que dans un contexte de contrôle de tous les médias, des répressions politiques et de la manipulation des cerveaux, beaucoup de Français ne verront pas venir, comme en 2017, le bon coup qui leur sera fait…

De Pompidou à Macron. Après l’élimination du général de Gaulle, (1969), puis sa mort l’année suivante, le régime de la Ve République vécut plusieurs décennies, dans le cadre de la Constitution de 1958. L’ombre du Général domina encore longtemps la politique française, alors que beaucoup des chefs d’États ou politiques français se réclamèrent de lui jusqu’à nos jours. En réalité, nous pouvons observer quatre phases distinctes. Dans un premier temps, la vie politique fut rythmée par une danse politique, de la droite vers la gauche, sans aucune surprise, entre des gouvernements de droite et du centre-droit et de la gauche Caviar et du Parti socialiste. La fin de l’URSS permit l’élimination du puissant Parti Communiste français, qui vînt mourir sous les présidences de Mitterrand et de Chirac. Cependant, les deux premiers présidents furent clairement des présidents du Nouvel Ordre mondial : Georges Pompidou, suivi de Valéry Giscard d’Estaing.

La deuxième phase fut celle de deux présidents qui ne pouvaient être considérés dans cette ligne : François Mitterrand et Jacques Chirac. Mitterrand apporta l’illusion d’un « changement », avec l’arrivée au pouvoir de la gauche, bien que la période fut marquée jusqu’à Jacques Chirac par des cohabitations. Ces deux présidents étaient des héritiers d’une France encore plus ou moins souveraine, mais ils furent des fossoyeurs non moins actifs de la France. Les derniers soubresauts français s’exprimèrent sous la présidence de Chirac, avec le refus français de participer à la guerre d’Irak (2003-2005). La troisième phase fut celle de deux nouveaux président de l’État profond, le premier Nicolas Sarkozy ramena la France dans le commandement unifié de l’OTAN (2007), trahissant ensuite le choix des Français dans le référendum pour le Traité de Lisbonne (tenu en 2005).

Avec François Hollande, le régime français était déjà essoufflé, en proie à des problématiques inextricables, une dette déjà inquiétante, des fractures sociales et une situation économique délétère. Pour perdurer, le système inventa donc « Macron ». Il est le premier président d’une quatrième phase, vendu aux Français comme « une renaissance », « un renouveau de la politique », qui pulvérisa le découpage classique droite-gauche. Beaucoup d’électeurs tombèrent dans le piège, s’imaginant vraiment que le milieu politique serait régénéré, qu’elle prendrait une autre direction et apporterait des solutions. Quasiment dix ans après, la situation du pays s’est dégradée encore plus gravement, avec une dette inimaginable et une paupérisation des Français. La liste des problématiques qui enterrent la France est si longue, qu’une encyclopédie n’y suffirait pas. Pour perdurer, le système est donc condamné à réinventer.

Et après l’opération Macron ? C’est bien là, la question essentielle. Car les fissures s’agrandissant, avec également l’apparition de manipulations de plus en plus grossières, guerre cognitive contre la population, gouvernance par les fausses informations, politique de la peur (Covid, Russie, terrorisme), le système va devoir se réinventer de nouveau. L’enjeu est important, car dans une course en avant, que l’on peut comparer à la situation de la RDA dans les années 70-80, si l’État profond veut rester aux commandes de la France, il va devoir de nouveau manœuvrer et manipuler l’opinion publique français. Le système est en effet déjà blessé, la dette française est un poison mortel qui ne pourra être gérée que dans une agression plus grande des Français, le vol de leurs économies et le pillage des dernières ressources et fleurons du pays. Pour survivre et poursuive sa dominance, dans un contexte d’inégalités, d’une République communautaire, divisée et malmenée, l’État profond n’aura pas le choix. Il faudra présenter un nouvel espoir, un nouveau candidat. Les mois à venir nous montreront ce qui a été imaginé et toute insistance des médias sur un candidat devra alerter nos compatriotes. La « Macronie » en effet n’existe pas vraiment, elle a été seulement un épisode, une manipulation habile mais momentanée. Le système a du s’adapter pour tenter de mieux contrôler l’opinion publique. Pour commencer, la présidentielle et les législatives furent imposées la même année et à la suite, afin d’assurer une Assemblée nationale sous contrôle. Le septennat fut remplacé par le quinquennat, permettant une rotation plus rapide et un épuisement moins net de l’opinion publique, face à une présidence jugée trop longue. Pendant longtemps, la soupape de sécurité du FN, puis du RN, permit également au système de se maintenir, en assurant des victoires certaines dans les deuxièmes tours (2002, 2017 et 2022). Enfin, la presse joua un rôle énorme dans la manipulation des cerveaux, en lacérant les possibles alternatives, ou des personnalités jugées dangereuses pour le système, comme dans le cas d’Étienne Chouard soudainement transformé en « infâme fasciste » (2017).

Pour durer, le système a donc besoin de nouveaux candidats, des politiciens réinventés, mis à la tête du pays, dans une impression de renouveau, alors que toute l’élite endogame, népotique et corrompue est en réalité toujours en place. Plusieurs solutions s’offrent au système. La première serait de pousser une candidate, pour surfer sur l’idée d’une « toute première présidente française ». L’argument serait fort, dans un pays montré comme patriarcal du point de vue de son histoire. Cette candidate serait montrée comme Macron, comme le nouvel espoir, devant assurer l’avenir du pays, avec les particularités magnifiées d’une femme chef d’État. L’argument ferait poids, notamment si la candidate en question était jeune, avenante et « propre sur elle ». La candidate idéale serait bien sûr choisie dans le sérail des coulisses du pouvoir. Certaines sont déjà mises en avant, mais le système ne pourrait choisir une vétéran de la politique. Ségolène Royal échoua en son temps (2007), suivie de Marine Le Pen (2017 et 2022). L’autre possibilité serait l’invention du « Obama français ». Le candidat idéal serait une personnalité avec des origines issues de l’immigration. Cette personne pourrait par ailleurs être également une femme. Nicolas Sarkozy fut le premier président issu de cette dernière, mais européenne, avec des origines hongroises. Le candidat devrait être idéalement plutôt de la France Benetton, y compris parmi les métis ou quarterons. Là encore le futur candidat serait vendu comme une « nouvelle chance » pour le pays, avec l’avantage de plaire à une frange nombreuse d’électeurs, mais avec pour désavantage d’être suspect pour les forces conservatrices.

Dans un futur plus lointain, notons que des exemples sont apparus dans des pays manipulés par l’État profond. Ces exemples sont ceux de chefs d’État qui ont des passeports d’autres pays. Les cas de Sandu en Moldavie ou de Zourabichvili en Géorgie sont connus. Ce candidat à double nationalité serait cependant plus difficile « à vendre » aux Français, mais tout reste possible (notamment avec un candidat possédant un passeport israélien, allemand, britannique, voire américain). Dans un futur plus lointain, au vu des résistances à l’idéologie dominante LGBT, le premier chef d’État LGBT serait pour le système un immense succès. L’État profond a déjà réussi à placer de tels candidats à des places d’importances, mairie de Paris, ministères et même le Premier ministre. Mais la plupart du temps, « la nature » du candidat n’était pas connue avant son élection, ou ils furent nommés et non élus démocratiquement. L’État profond en rêverait toutefois, mais le danger serait que la masse électorale des Français issus de l’immigration des colonies, pourrait s’éloigner définitivement du système. C’est un point très dangereux pour lui, qui provoquerait une alliance non désirée, entra la France des migrants et la France conservatrice. Enfin, bien que cela soit difficile à renouveler, le système pourrait sortir de son chapeau un Macron bis. Une personnalité inconnue, ayant des caractéristiques communes avec Macron au moment de son élection de 2017 : plutôt jeune, mais dans le système politique de longue date, donc adoubé par lui, qui inventerait de nouveau la politique. Une autre hypothèse, le système tentera de pérenniser la Macronie, en présentant un successeur… La chose serait difficile à faire, mais pourrait être un pis-aller pour un nouveau mandat (2027-2032). Et dernier cas, le système pourrait inventer un contre-cas Macron, un homme ou une femme présentait habilement comme un adversaire de la Macronie, afin de recréer des espoirs et un clivage artificiel (copiant celui d’autrefois de la gauche contre la droite). Ce clivage pourrait permettre une nouvelle d’alternance, entre deux partis fromagistes (qui se partagent le pouvoir par alternance). Cette option couplée avec d’autres aspects de mon analyse pourrait permettre au système de gagner encore quelques quinquennats supplémentaires (trois ou quatre). Reste à savoir si les Français se laisseront conduire par le bout du nez, à l’abattoir, ou si des événements imprévus, intérieurs ou internationaux ne viendront pas bousculer et détruire les toiles habilement tissées par l’État profond.

# L’idéologie LGBT est interdite en Fédération de Russie comme contraire aux valeurs défendues par le pays, notamment celles de la famille et pour la protection de la société, de la jeunesse et des plus faibles.

IR
Laurent Brayard - Лоран Браяр

Laurent Brayard - Лоран Браяр

Reporter de guerre, historien de formation, sur la ligne de front du Donbass depuis 2015, spécialiste de l'armée ukrainienne, du SBU et de leurs crimes de guerre. Auteur du livre Ukraine, le Royaume de la désinformation.

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