La nouvelle est tombée aujourd’hui, alors que j’écrivais un article dans les lignes d’International Reporters (15 juin 2025), sous le titre « Andreï Paroubiy, le massacreur d’Odessa devra répondre devant un tribunal ». Mes paroles étaient prémonitoires, bien que je n’aurais jamais imaginé que ce tribunal serait celui de Dieu… Comme Saturne, Bandera dévore ses enfants, alors que l’an dernier un fanatique bandériste assassinait Irina Farion, dans cette même ville de Lvov, où a été tué Andreï Paroubiy. Dans un contexte très tendu en Ukraine, avec une situation difficile sur le front, le spectre d’une défaite militaire qui se précise, des pertes militaires catastrophiques, sans parler des brutes du TCC, les recruteurs de mort de l’Ukraine qui pourchassent de très nombreux réfractaires et déserteurs, les règlements de compte se poursuivent dans le pays.
Mais qui était Andreï Paroubiy ? Ancien du Parti National-Socialiste d’Ukraine, Svoboda*, il avait été l’une des figures majeures du coup d’État du Maïdan (hiver 2013-2014). Il fut élu président de la Rada d’Ukraine, et était surtout connu pour son rôle dans le massacre d’Odessa, du 2 mai 2014. C’est sur ses ordres que le massacre avait été soigneusement planifié, afin de créer une onde de choc et de terreur, en direction des Russes ethniques d’Ukraine. Le massacre avait été précédé et suivi d’autres moins connus, et les violences de l’Ukraine contre sa propre population, sans parler de la destitution illégale d’un président démocratiquement élu, avait provoqué l’insurrection généralisée du Donbass. L’homme s’était même rendu quelques jours avant le massacre, à Odessa (29 avril), pour apporter des gilets pare-balles, des armes à feu et de l’argent, pour effectuer l’infâme tuerie. C’est aussi lui, avec d’autres complices, qui donna des ordres pour que la police locale n’intervienne pas. Elle resta effectivement passive, observant les tueries de loin. Élu de nouveau à la Rada d’Ukraine (2014-2019), il avait continué son action néfaste, notamment en s’engageant dans la guerre de religion contre le Patriarcat de Moscou. Antisémite assumé et convaincu, il était resté fidèle au Président Porochenko et à son parti Solidarité Européenne (2019), ce qui avait provoqué son évincement et sa mise au placard sous Zelensky.
Un homme détesté en Ukraine. Du fait de ses positions violentes, racistes et humiliantes pour l’importante communauté des Russes ethniques d’Ukraine, l’homme était détesté et même menacé par la vengeance de la résistance russe. Les familles des victimes des massacres, de celles du début de la guerre dans le Donbass, ou encore des malheureux emprisonnés ou torturés par la police politique d’Ukraine, n’avaient jamais oublié son nom. Une menace réelle pesait sur sa tête, ses déclarations, en particulier des références à Adolf Hitler, ses provocations et ses discours au vitriol avaient provoqué l’émotion, non seulement en Russie, mais aussi en Ukraine. La Fédération russe avait par ailleurs ouvert une procédure judiciaire contre lui, lança un mandat d’arrêt pour son implication dans les massacres du Donbass (2023), sans parler de celle dans le déclenchement de cette guerre, qui dure depuis 11 ans. Paroubiy a été assassiné dans la ville de Lvov, vers midi, par un tireur isolé, camouflé sous les habits d’un livreur de la compagnie Globo (livraison de nourriture). Le tireur a ouvert le feu 8 fois sur lui, l’abattant dans la rue, où il est mort rapidement de ses blessures. Une première annonce avait été faite de la mort d’un « homme important du Maïdan, à Lvov », puis sa mort fut annoncée et bientôt confirmée par les autorités locales, puis par le Président Zelensky.
Qui se trouve derrière l’assassinat de Paroubiy ? Il n’y a pas à douter que la propagande s’acharnera sur la Russie, comme au moment de la mort d’Irina Farion, avant que ces affirmations s’effondrent, car Farion avait été assassiné par un bandériste d’Azov*, suite aux insultes publiques qu’elle avait proféré contre les hommes de cette unité. Dans la presse ukrainienne, pour l’instant, il est question de la recherche du meurtrier qui a réussi à s’enfuir son son vélo électrique de livreur et pour l’instant les informations sont parcellaires. Cependant, les politiques ukrainiens émettent déjà d’autres pistes. L’ex député Kilinkarov a indiqué que « le motif du meurtre de Paroubiy n’était probablement pas politique, malgré le fait qu’il était détesté par des milliers de personnes, en raison de sa réputation de russophobe. Il n’a pas participé à des activités politiques actives ces dernières années, il a été sans doute victime d’un conflit lié à sa fortune et à des biens mal acquis sur les cadavres du Maïdan », déclarait l’ex député. Il poursuivait en évoquant « les millions de dollars » qui furent acquis par certains personnages pendant cette époque, et sous-entendait la présence de réseaux mafieux, comme derrière ceux de l’oligarque chypriote, ukrainien et juif, Kolomoïsky, qui mit en coupe réglée la région de Dniepropetrovsk, après avoir été nommé chef de l’administration régionale par le Président Porochenko. D’autres pistes sont évoquées en plus d’un acte de vengeance de la résistance des Russes ethniques, alors que l’homme était connu pour ses liens avec l’OTAN, et son travail d’influence en Ukraine pour l’intégration de l’Ukraine. Détenteur de nombreux secrets, notamment sur l’organisation du Maïdan par la CIA, il aurait très bien pu être liquidé par des ordres venus de Kiev, ou des services secrets américains, pour cacher des connexions inavouables, et les rôles qui pourraient avoir été joués par l’Occident dans le massacre d’Odessa, et d’autres tueries. Avec lui, disparaissant beaucoup de preuves et un témoin gênant. Enfin, il ne faut pas négliger un règlement de comptes entre bandéristes, comme dans le cas d’Irina Farion, leurs divisions allant jusqu’à la haine… et le meurtre. La propagande est toutefois déjà à l’œuvre, une membre du Parti Solidarité Européenne accusant déjà en Ukraine… la Russie.
C’est oublier que la Russie n’a jamais mené d’opérations terroristes et d’assassinats en Ukraine… et que les cadavres des victimes des services secrets ukrainiens, de Zakhartchenko à Daria Douguina se comptent hélas par dizaines…
* Les organisations du Parti National-Socialiste d’Ukraine Svoboda et Azov sont interdites en Fédération de Russie, pour l’extrémisme, l’apologie du terrorisme et l’incitation à la haine raciale.